Livres rares

Salammbo de Gustave Flaubert

FLAUBERT (Gustave). Salammbô. Paris, Michel Lévy, 1863. In-8, [2] f., 474 p., [1] f.
Édition originale : un des 25 exemplaires sur papier de Hollande.

Reliure originale en papier-cuir japonais, gaufré brun à motifs, dos lisse, titre frappé à froid, doublures et gardes de soie brodée de motifs floraux de style oriental, tête dorée, non rogné, restauration habile des mors et coins.

Numéro lot : 207

Dimensions :

Estimation : 10 000 – 15 000 €

 

Histoire :
Exemplaire d’exception: c’est celui que Gustave Flaubert offrit aux frères Goncourt, avec cet envoi autographe en tête du faux-titre: «À mes très chers Jules et Edmond de Goncourt, G[usta]ve Flaubert».
Également de la main de Flaubert, on peut lire en pied de la même page: «un des vingt-cinq exemplaires tirés sur papier de Hollande».
Sur le feuillet de garde, au-dessus de l’ex-libris des Goncourt, cette note autographe à l’encre rouge: «Reliure pas mal carthaginoise [l’expression est soulignée], fabriquée avec une de ces feuilles de papier-cuir japonais que je crois avoir été le premier à employer pour la reliure des livres traitant de l’Extrême-Orient. [signé:] de Goncourt».
Il ne fait aucun doute que les Goncourt furent les initiateurs de l’emploi de ce papier-cuir japonais pour la reliure, et qu’ils lancèrent là un goût propre à séduire les grands bibliophiles contemporains, tels Édouard Rouveyre, et Octave Uzanne. Ce dernier fera, sans les citer, allusion aux Goncourt lorsqu’il écrira en 1887: «L’Amateur artiste montre généralement un faible pour les japonaiseries, et, depuis quinze ans, sous l’inspiration de quelques littérateurs de goût, on a fabriqué de très nombreuses reliures originales avec cette sorte de papier estampé fait avec l’écorce du kozo []» (Uzanne, La reliure moderne, artistique et fantaisiste, Paris, 1887).
Toutes les marges ont été conservées (h=232mm).
Cet exemplaire cité par Carteret, adjugé 712 fr. à la vente Goncourt, est décrit comme «relié en papier cuir japonais, gaufré de dessins à froid, doublé et gardes de soie japonaise tissée de fils d’or, non rogné»; il reparaît ensuite à la vente Parran (23 novembre 1921) où il atteint 6.180 fr.
Est jointe la fiche descriptive de cet exemplaire lors de la vente Goncourt de 1897, annotée par l’acquéreur (Parran, très certainement): «C’est la première fois, je pense, que ce livre atteint un pareil prix en vente publique, mais combien d’exemplaires de cette oeuvre capitale existe-t-il encore en pareille condition, avec un envoi signé du maître? Je n’ai pas hésité à l’acquérir».
Corrections dans le texte au crayon p.373, 449; trace brune causée par un signet en marge p.418-419.
Provenance: Goncourt (vente, 1897); Parran (vente 1921, n°317).
(Carteret I, 266).

 

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